MA LECTURE (Chronique Express)

Pour que le ridicule ne tue point!

Alors que quelques uns s’émerveillent, parfois avec une naïveté déconcertante, des bizarreries en cours, le parti Les Démocrates semble s’évertuer à semer davantage de confusion. L’attente d’un hypothétique ticket, annoncé comme si l’on guettait une heure fatidique — pourquoi pas le 14 octobre à 23 h 23 — frise le surréalisme. Mais chacun sait : tel on fait son lit, tel on se couche.

Ce qui choque, ce n’est pas seulement cette désorganisation chronique, mais bien le spectacle affligeant de figures pourtant qualifiées qui s’extasient devant cette incapacité notoire. Après plus de neuf ans d’attente, comment expliquer qu’un parti censé incarner l’alternative se retrouve englué dans des querelles de clans, dans un régionalisme rance et dans un leadership fragmenté face au rendez-vous de 2026? Le secret de Polichinelle est désormais public : la guerre des camps mine la machine LD, ou plutôt ce qu’il en reste. Les façades et effets d’annonce ne suffiront plus à masquer les fractures internes. Les défections s’annoncent massives et fragilisent déjà Boni Yayi, pris dans une spirale de méfiance, de colère et d’exaspération.

La création d’une « commission », dont la composition trahit l’emprise des pro-Houndété et des fidèles de Yayi, achève de brouiller le tableau. Qu’on ne s’y trompe pas : ce n’est point là un geste de démocratie, mais l’ombre portée d’un régionalisme inavoué, drapé dans un discours de transparence factice. Aux analystes complaisants qui se hâtent de présenter cette mascarade comme un progrès, il convient de rappeler que les prochains jours diront toute la vérité sur l’efficacité réelle — ou l’inefficacité patente — de cette initiative.

Et que penser enfin de cette promesse ubuesque de publier les résultats des élections une heure seulement après la fermeture des urnes, armés de quelques ordinateurs et d’un poste de télévision ? L’affaire ferait sourire si elle n’était pas si grave. Car si la CENA, garante de la régularité du processus électoral, ne dispose pas elle-même d’un tel dispositif, comment un parti politique pourrait-il s’en arroger le privilège sans risquer de mettre en péril la paix publique ?

C’est ici, et dès maintenant, qu’il faut élever les digues contre les dérives. Chacun doit jouer sa partition pour qu’on n’entende pas demain ces lamentations stériles : « Je ne savais pas, je n’étais pas au courant ».

Dans tous les cas, à l’intelligent, peu de mots suffisent.

✍️ Fidèle Sèna VODOUNON

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