La scène politique béninoise traverse une période de turbulence, notamment au sein du parti Les Démocrates, en perte de cohésion et de discipline de groupe. C’est le moins que l’on puisse dire au regard des derniers développements liés au dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle de 2026. Retour sur les signes avant-coureurs d’une décadence annoncée.
Alors que sa formation politique semble engluée dans une impasse stratégique, peinant à retrouver une cohérence idéologique et une capacité mobilisatrice, l’ancien chef de l’État a, de manière quelque peu énigmatique, effectué une visite à Lomé, ce dimanche 12 octobre 2025. Selon plusieurs sources concordantes, ce déplacement visait une entrevue avec le président togolais, Faure GNASSINGBÉ. Une initiative qui a suscité de nombreuses interrogations quant à ses motivations profondes, tant elle s’inscrit dans une logique de calcul politique à portée transnationale.
Certains observateurs y voient une tentative géopolitique de fragiliser le modèle béninois, devenu exemplaire en matière de gouvernance sous Patrice TALON.
En effet, le dynamisme du Bénin contraste fortement avec la stagnation togolaise, ce qui pourrait expliquer l’intérêt stratégique de Lomé à encourager le retour sur la scène politique de certaines figures du passé. De plus en plus de Togolais l’admettent ouvertement : le développement impressionnant du Bénin au cours des dix dernières années, en dépit des crises nationales, régionales et internationales, force l’admiration, tandis que Lomé semble davantage préoccupé par la consolidation du pouvoir que par le progrès.
Toutefois, ces manœuvres apparaissent en décalage avec les aspirations du peuple béninois, attaché aux réformes en cours et à la stabilité institutionnelle. Au sein même de Les Démocrates, les tensions internes — à l’image de la désignation controversée de Renaud AGBODJO au détriment d’Éric HOUNDÉTÉ pour la présidentielle de 2026 — traduisent un malaise croissant et un leadership en perte de légitimité.
En somme, le temps des compromissions idéologiques et des tutelles étrangères semble désormais révolu. L’heure est à la consolidation d’un modèle béninois fondé sur la rigueur, la compétence et la souveraineté nationale.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
