Une nouvelle proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale pourrait marquer un tournant majeur dans l’architecture institutionnelle du Bénin. Les députés Natondé AKE et Assan SEIBOU respectivement Présidents des groupes parlementaires UP le Renouveau et Bloc Républicain proposent une révision de la Constitution du 11 décembre 1990 afin de créer une nouvelle institution : le Sénat, comme une chambre de sagesse chargée de garantir la stabilité et la continuité de l’État.
Un nouvel organe dans l’équilibrage institutionnel béninois. Selon les auteurs du texte, la vie politique béninoise reste fragilisée par des clivages partisans qui entravent la prise de décisions consensuelles et le développement durable. Le Sénat viendrait ainsi combler un vide institutionnel en offrant un cadre d’arbitrage et de régulation entre les différentes forces politiques.
Sa mission première serait de préserver l’équilibre du système républicain, de prévenir les crises politiques et d’assurer la pérennité des institutions face aux tensions partisanes.
Une chambre de sagesse et d’expérience
La proposition prévoit que le Sénat soit composé de personnalités reconnues pour leur expérience et leur hauteur de vue : anciens présidents de la République, anciens présidents de l’Assemblée nationale et de la Cour constitutionnelle, ainsi que des chefs d’état-major des forces de défense et de sécurité, tous membres de droit. À leurs côtés, le Président de la République et le Président de l’Assemblée nationale pourraient désigner chacun quelques membres supplémentaires, sans dépasser un cinquième de l’effectif total. Cette composition vise à faire du Sénat un organe de veille institutionnelle, garant de la continuité de l’État, de la stabilité du régime et du respect des valeurs républicaines.
Un rôle décisif dans le processus législatif
Au-delà de sa fonction consultative, le Sénat aurait un pouvoir législatif complémentaire. Il interviendrait prioritairement sur les lois à caractère politique et pourrait demander une seconde lecture des textes votés par l’Assemblée nationale, sauf les lois de finances. En cas de désaccord persistant entre l’Assemblée et le Président de la République, le Sénat serait saisi pour une lecture définitive, consacrant son rôle d’arbitre institutionnel.
Un pari sur la stabilité et la maturité démocratique
Pour les députés initiateurs, cette réforme est une réponse directe aux fragilités de la vie politique béninoise. Elle vise à institutionnaliser la sagesse, à renforcer la cohésion nationale et à préserver la paix sociale. En créant un espace de réflexion et d’équilibre au sommet de l’État, le Bénin ferait un pas supplémentaire vers une démocratie apaisée, fondée sur le dialogue et la stabilité.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
