À l’issue des élections législatives du 11 janvier 2026, le parti Les Démocrates (LD) a livré une déclaration virulente dénonçant une fraude électorale massive et une prétendue exclusion de l’opposition. Cette prise de parole s’apparente toutefois davantage à une posture de justification politique qu’à une analyse rigoureuse du processus électoral, tant elle reconduit une rhétorique victimaire déjà bien connue et peu en phase avec les réalités politiques observables.
L’affirmation selon laquelle le LD aurait été « exclu » de la présidentielle et des élections communales de 2026 occulte un élément central, celui de l’incapacité du parti à remplir, en amont, les conditions constitutionnelles requises, notamment en matière de parrainages et de respect de critères pourtant clairement énoncés même à l’interne. De même, son absence aux communales ne relève pas d’une exclusion formelle, mais bien de défaillances internes en matière d’anticipation, d’organisation et de consensus, difficilement imputables aux institutions électorales.
Sur le plan législatif, le LD invoque le manque de financements publics pour expliquer la faiblesse de sa campagne. Or, la mobilisation sur le terrain est restée limitée, sans dynamique nationale perceptible ni projet politique suffisamment lisible pour susciter une large adhésion populaire, en dépit de la revendication récurrente d’être un « parti du peuple ». Cette discrétion durant la campagne contraste fortement avec la virulence des dénonciations post-électorales, posant la question de la responsabilité propre du parti dans ses contre-performances.
Enfin, les accusations de fraude systémique se heurtent aux constats des missions d’observation, qui ont fait état d’un scrutin globalement calme et organisé, marqué seulement par des incidents mineurs sans impact substantiel sur la sincérité du vote. Le paradoxe est renforcé par le fait que le LD revendique simultanément des résultats provisoires lui permettant d’atteindre des scores significatifs dans certaines circonscriptions, tout en contestant la légitimité du système électoral. Plutôt que d’internationaliser le débat, une réflexion de fond sur son implantation territoriale, sa stratégie et son leadership s’impose au parti, condition nécessaire pour proposer une alternative crédible et contribuer utilement au débat démocratique au Bénin.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
