À priori, l’œil moins avisé y verrait la révélation du siècle, tellement la caution émotionnelle est bien ficelée. Cette déclaration alarmiste de Aaron Azannaï fils de l’ancien ministre Candide Azannaï, sur les réseaux sociaux mérite qu’on s’y attarde, évidemment.
En substance, le communiqué diffusé par Aaron Azannaï évoque une détention arbitraire et des conditions « inhumaines ». Plusieurs éléments factuels viennent toutefois nuancer, voire contredire, ces affirmations.
Selon des sources concordantes, l’intéressé est détenu en cellule individuelle, un régime loin d’être courant dans un contexte de surpopulation carcérale. Il reçoit régulièrement la visite de ses proches et de ses avocats et demeure autorisé à consulter un médecin, contrairement aux allégations de privation de soins soutenues par son fils au nom dit-il, de la famille.
Sur le plan judiciaire, les charges lui ont été notifiées par le juge d’instruction dans le cadre d’une procédure pendante devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET). Le dossier concerne par ailleurs une cinquantaine d’inculpés, dont plusieurs n’ont pas encore été entendus au fond, ce qui explique la poursuite de l’instruction
Si la présomption d’innocence demeure un principe intangible, elle n’exclut pas la détention provisoire lorsque celle-ci est légalement encadrée selon les professionnels. À ce stade, les éléments disponibles ne corroborent pas la thèse d’une disparition arbitraire ni d’un traitement dégradant, mais renvoient plutôt à une procédure judiciaire en cours connu de tous assurément, rien qu’à visiter le statut du concerné
Du reste, Aaron Azannaï de toute évidence, joue la stratégie du faux pour avoir le vrai, lui qui dès les premiers jours après l’interpellation de son père, avait déjà traité la justice et le pouvoir en place de tous les noms d’oiseaux. Cela est compréhensible du point de vue strictement émotionnel. Malheureusement, la justice ne fonctionne pas sur la base de cette rhétorique alarmiste avilissante.
Vivement que les avocats du concerné fassent le nécessaire au risque de se confondre à une double défense face à un fils du client qui apparemment est décidé à faire leur job et singulièrement à sa manière.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
