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Au sujet de la création du Sénat: Boni YAYI, une posture d’opposant mal assumée.

Dans une nouvelle déclaration au ton grave, l’ancien président Thomas Boni YAYI s’est vivement opposé à la proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale visant la création d’un Sénat. Se présentant comme le gardien des valeurs démocratiques et de l’équilibre institutionnel, le patron du parti Les Démocrates (LD) a dénoncé une initiative qu’il juge « antidémocratique », « inopportune » et « contraire à l’intérêt général ».

Pourtant, le sujet n’a rien de nouveau pour l’ancien président. Boni YAYI ne saurait ignorer avoir déjà abordé cette question avec le chef de l’État, Patrice TALON, lequel évoquait la nécessité d’un cadre institutionnel et symbolique de dialogue, notamment avec les anciens présidents de la République.

Mais au-delà de la fermeté apparente du discours, l’analyse révèle une contradiction profonde entre la posture actuelle de l’opposant YAYI et ses propres antécédents politiques.

Une opposition en panne de cohérence

En appelant les vingt-deux députés du parti Les Démocrates à user de leur minorité de blocage, Boni YAYI tente de ressouder une formation politique fragilisée par les défections et les dissensions internes. Cette posture de refus systématique semble moins dictée par une conviction idéologique que par un réflexe de survie politique.

Le paradoxe s’accentue lorsqu’il affirme « ne pouvoir en aucun cas faire partie du Sénat comme membre de droit ». Une précision que personne ne lui avait pourtant demandée et qui traduit une fébrilité politique manifeste : celle d’un leader soucieux de se démarquer à tout prix d’un pouvoir dont il a, en son temps, inspiré certaines logiques institutionnelles.

Entre défense de la démocratie et récupération politique

Derrière le vernis d’un discours républicain, cette sortie de Boni Yayi s’inscrit dans une stratégie de reconquête de légitimité. En se posant en défenseur d’une démocratie prétendument menacée, il cherche à réaffirmer son autorité morale au sein d’un parti où l’unité se délite de jour en jour.

Toutefois, son propos, empreint de dramatisation, trahit une lecture hautement politisée de la réforme, davantage qu’une analyse constitutionnelle rigoureuse.
Ainsi, l’ancien président appelle au rejet d’une proposition de loi au nom d’un « consensus national » qu’il n’avait pas toujours recherché lorsqu’il était lui-même aux affaires.

La contraction d’un discours politique

La déclaration de Boni YAYI illustre à la fois la constance du ton et la variabilité du fond. En rejetant toute révision constitutionnelle, il s’installe dans une posture d’opposant radical, mais s’expose à la critique d’un discours contradictoire, sélectif et opportuniste.

Face à une réforme encore en débat, la crédibilité de l’opposition ne se mesurera pas à la vigueur de ses communiqués, mais à la cohérence de son engagement démocratique. Et sur ce terrain, l’ancien chef d’État laisse l’image d’un homme partagé entre la mémoire de son propre pouvoir et l’exigence de sa réhabilitation politique avec un statut bien embarrassant d’opposant numéro un qu’il lève en étendard démocrate seulement en cas d’opportunité politicienne.

✍️Fidèle Sèna VODOUNON

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