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Face à l’actualité nationale : Patrice TALON dénonce les manigances de Boni YAYI

Le chef de l’État rompt le silence et défend. Patrice TALON défend la cohérence de ses réformes face aux turbulences politiques alimentées par une opposition mal portée par son prédécesseur Boni YAYI.

Patrice TALON remet les pendules à l’heure. Dans un entretien empreint de gravité, le Président de la République, Patrice TALON, a réagi, ce 4 novembre 2025, à la polémique suscitée par la situation politique nationale, marquée notamment par les difficultés du parti Les Démocrates à se positionner sur l’échiquier électoral. Dans un ton à la fois mesuré et incisif, le chef de l’État a dénoncé “une campagne de dénigrement orchestrée depuis 2016” par l’ancien président Thomas Boni YAYI, qu’il accuse de “faire échec à toute réforme, quelle qu’en soit la nature”.

S’exprimant sur le climat politique actuel, Patrice TALON a tenu à lever toute équivoque sur son rôle dans les revers de l’opposition : “Je suis devenu le souffre-douleur du Président Boni YAYI… qui s’emploie depuis 2016 à faire échec à toutes les réformes et à l’action publique, quel que soit le secteur. Avant 2016, tout le monde priait pour la réforme du système partisan. Aujourd’hui qu’elle est en place, on me reproche de l’avoir réalisée.” Une déclaration directe, inhabituelle pour un chef d’État connu pour sa retenue médiatique. TALON se dit lassé d’être “le bouc émissaire idéal” d’une opposition qu’il estime prisonnière de ses contradictions internes.

Une défense assumée du système partisan

Le président béninois a tenu à défendre la réforme du système partisan, adoptée en 2018, qu’il considère comme une avancée majeure pour la consolidation de la démocratie. Il a notamment rejeté les accusations selon lesquelles le code électoral serait responsable des difficultés actuelles de l’opposition. “La situation dans laquelle se trouve la dynamique électorale ne m’enchante pas. Elle porte préjudice à l’image de notre pays. Mais pour autant, il n’y a pas lieu d’indexer la réforme du système partisan, encore moins le code électoral.”, a-t-il déclaré.
Patrice TALON estime que les contre performances du parti Les Démocrates relèvent davantage de leurs choix stratégiques que de contraintes institutionnelles : “Si Les Démocrates avaient signé avec la FCBE un accord de gouvernance et un accord parlementaire, leur duo candidat à la présidentielle ne serait pas tombé, malgré la défection d’un des leurs. Ils ont choisi de marcher sur la corde raide, sur le fil du rasoir.”

Un appel à tourner la page des rivalités

Au-delà du rappel des faits, le chef de l’État a laissé transparaître une certaine lassitude vis-à-vis de la scène politique nationale, marquée depuis près d’une décennie par l’antagonisme entre les deux anciens alliés d’hier, aujourd’hui devenus rivaux : “J’ai hâte que mon mandat prenne fin afin que les Béninois puissent vivre autre chose, au-delà de TALON et YAYI Boni.”
Ces mots, lourds de sens, traduisent une volonté de rupture avec la personnalisation du débat politique. Talon dit aspirer à un climat apaisé, où la compétition électorale ne soit plus synonyme d’anathèmes réciproques ni de blocages institutionnels.

Une communication directe et piquante

Cette sortie publique, inhabituelle dans la forme comme dans le ton, marque un tournant dans la communication du chef de l’État. Loin de la sobriété coutumière de ses interventions, Patrice TALON a opté pour un discours de vérité, assumant frontalement ses différends avec son prédécesseur. Pour nombre d’observateurs, cette prise de parole traduit à la fois le ras-le-bol d’un dirigeant en fin de cycle et la volonté d’affirmer la cohérence de son action réformatrice face à une opposition qui peine à se renouveler. En s’exprimant ainsi, le président béninois semble vouloir clore un chapitre, celui d’une rivalité devenue structurelle, et ouvrir la perspective d’une nouvelle ère politique où le débat d’idées primerait sur les querelles d’hommes.

✍️ Fidèle Sèna VODOUNON

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