Une mise au point forte à l’occasion de la prière musulmane du 20 décembre dernier à Sakété contre les velléités de rupture de l’ordre constitutionnel, à l’initiative du ministre des enseignements maternel et primaire Salimane KARIMOU, mérite qu’on s’y attarde.

À l’occasion de la prière organisée pour conjurer à jamais la tentative de coup d’État du 7 décembre 2025, le ministre Salimane KARIMOU a livré une analyse rigoureuse et pédagogique qui s’est imposée dans le débat public sur l’impossibilité d’un coup de force au Bénin. S’appuyant sur les fondements mêmes de la Constitution béninoise, il a démontré, avec clarté et fermeté, que toute prise du pouvoir par la force est non seulement illégitime, mais vouée à l’échec institutionnel et social.
Au cœur de sa réflexion, les articles 65 et 66 de la Constitution, restés inchangés même après la révision de la Loi fondamentale. L’article 65 qualifie toute tentative de renversement du régime constitutionnel par les Forces armées ou de sécurité publique de « forfaiture » et de « crime contre la Nation et l’État », passible de sanctions sévères. L’article 66, quant à lui, va plus loin en instituant un droit et un devoir de résistance : en cas de coup d’État ou de coup de force, tout citoyen béninois est constitutionnellement fondé à désobéir et à s’organiser pour faire échec à toute autorité illégitime.
Pour le ministre Salimane KARIMOU, ces dispositions rendent le scénario d’un coup d’État non seulement juridiquement caduc, mais pratiquement ingouvernable. « Même si certains nourrissent des ambitions politiques, il existe des voies légales et constitutionnelles pour accéder au pouvoir », a-t-il rappelé, soulignant que la Constitution béninoise prévoit tout, y compris les mécanismes de prévention et de neutralisation des ruptures de l’ordre républicain.
Dans une démonstration concrète, le ministre a évoqué les conséquences immédiates d’un tel acte : une désobéissance généralisée devenue devoir constitutionnel, une paralysie de l’administration publique et du secteur privé, et un pays plongé dans une impasse totale. Il a notamment cité l’exemple du secteur de l’éducation, où une grève illimitée, constitutionnellement légitime dans un tel contexte, suffirait à bloquer durablement le fonctionnement de l’État. « Combien de vies faudrait-il sacrifier pour prétendre gouverner dans un tel chaos ? », s’est-il interrogé, mettant en lumière le coût humain et social inacceptable d’une telle aventure.
Par cette prise de parole, Salimane KARIMOU ne s’est pas contenté d’une condamnation de principe. Il a lancé un appel solennel à la raison et à la responsabilité, invitant tous ceux qui pourraient être tentés par la voie de la force à « revenir à de meilleurs sentiments » et à mesurer la gravité des conséquences d’un tel choix.
Cette contribution du ministre s’inscrit comme un rappel salutaire de la solidité de l’architecture constitutionnelle béninoise et de la maturité démocratique du pays. Elle réaffirme que, au Bénin, la seule voie légitime vers le pouvoir demeure celle des urnes et du respect scrupuleux de l’État de droit. En résonance avec l’esprit de la prière nationale, le message est clair : la République béninoise est juridiquement armée, socialement vigilante et constitutionnellement protégée contre toute tentative de coup d’État.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
