(Les partis face à leur responsabilité dans la faible mobilisation)

Les élections législatives du 11 janvier 2026 ont livré un verdict sans équivoque, au terme de la proclamation des résultats provisoires par la CENA ce samedi 17 janvier 2026; confirmant la suprématie de la majorité présidentielle pendant que la faible participation électorale, interroge profondément le rôle et la stratégie des partis politiques engagés dans la compétition.
Avec 109 sièges sur 109, répartis entre l’Union Progressiste le Renouveau (UP-R) et le Bloc Républicain (BR), la mouvance présidentielle consolide son emprise sur l’Assemblée nationale. Cette victoire nette traduit non seulement une organisation politique solide, mais aussi une capacité de mobilisation efficace là où les autres formations ont montré leurs limites.
En remportant l’intégralité des sièges, la majorité présidentielle s’offre un Parlement cohérent, capable d’accompagner sans blocage l’action gouvernementale. Dans un contexte régional et international marqué par l’incertitude, cette stabilité institutionnelle apparaît pour de nombreux observateurs comme un atout majeur pour la continuité des réformes, la sécurité et le développement économique du pays.
Contrairement aux critiques souvent avancées, cette domination n’est pas le fruit d’un hasard, mais le résultat d’un travail de terrain, d’alliances structurées et d’un discours politique jugé plus audible par une partie décisive de l’électorat.
Cependant, le taux de participation, estimé autour de 36 %, a rapidement été brandi par certains acteurs comme un signe de désaffection citoyenne. Pourtant, une lecture plus rigoureuse invite à interroger d’abord la responsabilité des partis politiques eux-mêmes, toutes tendances confondues.
La démocratie ne se limite pas à l’existence d’un scrutin ; elle repose aussi sur la capacité des partis à donner envie de voter. En ce sens, la faible participation apparaît moins comme un rejet du système que comme un désaveu de l’offre politique jugée insuffisante ou peu crédible par une frange de la population.
Une leçon politique à tirer
Les dernières législatives sonnent donc comme un appel à la responsabilité collective. Si la majorité présidentielle peut légitimement revendiquer sa victoire et sa légitimité parlementaire, les autres partis sont invités à se remettre en question, à reconstruire leur ancrage national et à renouer avec les réalités des citoyens.
À l’approche des prochaines échéances électorales, une certitude s’impose: la mobilisation électorale ne se décrète pas, elle se mérite au bout d’un travail de de sensibilisation rigoureuse à la base.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
