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Pôles de développement : Cartographie, mode opératoire et gouvernance

Six territoires pour accélérer le développement équilibré du Bénin. C’est ainsi que le Gouvernement engage une nouvelle étape dans sa politique d’aménagement et de développement du territoire. Pour concrétiser la volonté du Président de la République d’instaurer une nouvelle approche de l’action publique, le Conseil des ministres de ce mercredi 07 octobre 2026 a marqué son accord pour l’opérationnalisation de six pôles de développement territorial couvrant l’ensemble du pays.
Fondée sur les atouts, les potentialités et les spécificités de chaque commune, cette nouvelle approche vise à accélérer le développement équilibré du territoire national. Elle ambitionne notamment de contribuer à la réduction de l’extrême pauvreté, à l’amélioration des conditions de vie des populations, à la création d’emplois directs ainsi qu’à l’émergence d’industries et d’infrastructures socio-économiques adaptées aux réalités de chaque territoire.
Chaque pôle regroupera des communes présentant des caractéristiques et des potentialités communes. Leur développement sera articulé autour de quatre axes transversaux, non limitatifs : l’agriculture, le tourisme, l’industrie et l’innovation.


Une cartographie en six pôles

La configuration retenue se présente comme suit :
Pôle Nord-Est : Parakou, Banikoara, Bembèrèkè, Gogounou, Kalalé, Kandi, Karimama, Malanville, N’Dali, Nikki, Pèrèrè, Ségbana, Sinendé et Tchaourou.
Pôle Nord-Ouest : Natitingou, Bassila, Boukombé, Cobly, Copargo, Djougou, Kérou, Kouandé, Matéri, Ouaké, Péhunco, Tanguiéta et Toucountouna.
Pôle Centre : Abomey, Agbangnizoun, Bantè, Bohicon, Covè, Dassa-Zoumè, Djidja, Glazoué, Ouèssè, Ouinhi, Savalou, Savè, Za-Kpota, Zagnanado et Zogbodomey.
Pôle Sud-Est : Pobè, Adja-Ouèrè, Adjarra, Adjohoun, Aguégués, Akpro-Missérété, Avrankou, Bonou, Dangbo, Ifangni, Kétou et Sakété.
Pôle Sud-Ouest : Lokossa, Allada, Aplahoué, Athiémé, Bopa, Comè, Djakotomey, Dogbo, Grand-Popo, Houéyogbé, Klouékanmè, Kpomassè, Lalo, Sô-Ava, Toffo, Tori-Bossito, Toviklin et Zè.
Pôle Grand-Nokoué : Abomey-Calavi, Cotonou, Ouidah, Porto-Novo et Sèmè-Kpodji.


Un déploiement en quatre étapes

L’opérationnalisation de la réforme est prévue en quatre grandes phases, de fin 2026 à fin 2027.
D’octobre à décembre 2026, la première phase sera consacrée à l’installation du dispositif et à la mise en place des organes de gouvernance. Elle prévoit notamment la nomination des Délégués généraux, l’installation du Comité national de pilotage, la mobilisation et le recrutement des experts ainsi que la mise en place d’un groupe de travail. Cette étape permettra également de réaliser le diagnostic économique et territorial de chaque pôle et de cartographier les acteurs, les projets existants et les principales contraintes.
De janvier à mars 2027, la deuxième phase portera sur la structuration de l’attractivité des différents pôles. Il s’agira d’identifier les moteurs de croissance et les filières prioritaires, de définir les objectifs et résultats attendus, mais aussi de préciser les besoins en infrastructures, en foncier et en compétences. Un portefeuille hiérarchisé de projets publics et privés sera constitué, parallèlement à la définition des mécanismes d’incitation, notamment sur les plans fiscal, foncier et financier.
D’avril à juin 2027, la troisième phase sera consacrée à la planification et à l’adoption de la feuille de route opérationnelle. Elle devra permettre d’organiser l’accompagnement des investisseurs et des entreprises locales, de définir les contributions respectives de l’État, des communes et du secteur privé, puis de finaliser et faire valider la feuille de route. Le calendrier d’exécution et la répartition des responsabilités seront également arrêtés à cette étape.
De juillet à décembre 2027, la quatrième phase correspondra à l’engagement et au déploiement effectif du dispositif. Elle prévoit la mise en place du mécanisme de suivi-évaluation, le lancement des projets prioritaires et des premières actions à impact rapide, ainsi que la mobilisation des acteurs publics et privés autour de la mise en œuvre des feuilles de route.


Une gouvernance placée au plus haut niveau

Pour garantir la cohérence, le suivi et l’efficacité du modèle, un Comité national de pilotage, présidé par le Chef de l’État, sera institué. Il disposera d’un Secrétariat permanent et s’appuiera sur une délégation dans chacun des six pôles de développement.
Chaque délégation sera dirigée par un Délégué général, assisté de chargés de mission, d’experts et d’un personnel d’appui. Ce dispositif doit permettre d’assurer une meilleure coordination entre les acteurs, de rapprocher l’action publique des réalités territoriales et de favoriser une mobilisation plus efficace des investissements.
À travers cette réforme, le Gouvernement entend ainsi passer d’une logique d’intervention essentiellement sectorielle à une approche davantage territorialisée, fondée sur les potentialités propres à chaque espace. L’objectif affiché est de faire des territoires des moteurs complémentaires de croissance, d’emploi et de transformation économique.

✍️ Fidèle Sèna VODOUNON

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