Chaque situation peut devenir une épreuve de discernement. Le célèbre écrivain Olympe Bhêly-Quenum en avait déjà donné l’avertissement dans Un piège sans fin.
Publié avant l’indépendance du 1er août 1960, ce roman classique constitue une œuvre majeure de la littérature béninoise. Derrière le symbolisme saisissant des lieux, des noms des personnages, de leurs professions et de la faune, il ne célèbre pas la résignation. Face à la force écrasante du destin, il dresse un plaidoyer vibrant en faveur de la lucidité, de la liberté d’action et de la volonté inébranlable de vivre.
Au fil des épreuves qu’il traverse, Bakari, père du personnage central du roman décide de consulter le Fá. Le devin Adanfô lui révèle qu’il est né sous le signe GBÉ GOUDA. Qu’il ait observé les interdits ou non, la sécurité exige une vigilance permanente. Son fils Ahouna en fera l’expérience. Après avoir tué, sous l’effet de la colère, une femme de la famille Kinhou, il est emprisonné. Pour la venger, Houngbé, un parent de la victime, se fait incarcérer, gagne la confiance d’Ahouna et l’incite à s’évader. Cette évasion est en réalité un piège tendu.
À travers l’évasion d’Ahouna, Olympe Bhêly-Quenum, écrivain centenaire dont les écrits témoignent d’une grande finesse, montre qu’une issue en apparence favorable peut cacher un piège. Évadé de prison, Ahouna est capturé par la famille Kinhou, puis brûlé vif. Son destin tragique révèle combien il est difficile d’échapper à l’impasse sans affronter le monde et ses zones d’ombre. Entre la jalousie destructrice et l’injustice coloniale, le roman souligne la fragilité du bonheur face à la fatalité. Il y a longtemps que le monde avance masqué.
Pour la postérité, une nouvelle réussite pointe à l’horizon.
✍️Justin AMOUSSOU, Samedi 10 octobre 2026, 07h 00.
