L’avenir ne se construit pas uniquement par les infrastructures ; il se prépare aussi par les institutions. C’est tout le sens de la vision Bénin Alafia 2060, qui invite à concevoir des réformes capables de répondre aux défis de demain, et non aux seules exigences du présent. La création du Sénat s’inscrit dans cette logique de projection, où la loi anticipe les évolutions de l’État plutôt qu’elle ne les subit.
La polémique née de la désignation des premiers sénateurs, notamment des personnalités qui ne sont pas membres de droit, procède d’une lecture incomplète des textes. Comme l’a rappelé Wilfried Léandre Houngbédji Ministre porte-parole du gouvernement, tout citoyen remplissant les conditions prévues par la loi peut être appelé à exercer une haute fonction de la République. Au-delà de cette exigence d’égalité, il importe surtout de comprendre que le Sénat béninois en est à sa première expérience institutionnelle.
En réalité, les membres de droit prévus par la loi ne sont pas encore suffisamment nombreux pour atteindre l’effectif fixé. Les désignations actuelles répondent donc à une nécessité de fonctionnement, sans préjuger de la configuration future de l’institution. À mesure que les conditions prévues par les textes seront réunies, les membres de droit pourront naturellement occuper les sièges qui leur sont destinés. C’est là toute la force d’une loi pensée dans une perspective durable.
Cette controverse rappelle finalement qu’une réforme ne se juge pas uniquement à l’aune du présent, mais aussi de sa capacité à accompagner les générations futures. Au Bénin, les grandes transformations engagées traduisent une volonté de bâtir un État plus solide, plus stable et davantage tourné vers le long terme. Les débats sont légitimes ; encore faut-il qu’ils s’appuient sur une lecture complète de l’esprit des réformes. C’est MA LECTURE.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
