Le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa politique de restitution des biens culturels en engageant une nouvelle procédure portant sur trente-cinq (35) œuvres et des archives actuellement conservées dans les collections publiques françaises. Cette initiative s’inscrit dans la continuité des réformes engagées par les autorités béninoises pour la protection, la valorisation et la réappropriation du patrimoine culturel national.

Après la modernisation du cadre juridique de protection du patrimoine, la construction de musées répondant aux standards internationaux et le retour de plusieurs trésors royaux en 2021, le gouvernement entend consolider cette dynamique. Pour ce faire, il privilégie une coopération avec la France fondée sur la confiance, le respect mutuel et la rigueur scientifique, notamment à travers la mise en place d’une Commission scientifique conjointe franco-béninoise.
La nouvelle demande de restitution, soutenue par un argumentaire historique, scientifique, patrimonial et juridique, a reçu un accueil favorable des autorités françaises. Afin d’en assurer le suivi, le gouvernement a officiellement installé, le 14 juillet 2026 à Cotonou, un Comité scientifique national chargé de piloter les travaux préparatoires.

Présidée par Alain Godonou, cette instance réunit six spécialistes du patrimoine culturel, de l’histoire de l’art et des questions de restitution. Elle aura notamment pour mission d’élaborer la feuille de route nationale, d’accompagner la création de la Commission scientifique conjointe, de consolider le dossier relatif aux trente-cinq biens culturels sollicités et de formuler des avis scientifiques destinés à éclairer les futures décisions.

Procédant à l’installation des membres du Comité, le ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yassine Latoundji, a insisté sur l’exigence de rigueur qui doit guider leurs travaux. Il les a invités à faire preuve de « rigueur intellectuelle, d’indépendance d’esprit, de collégialité, de sens de l’intérêt général et d’une fidélité constante à la vérité scientifique ».
Au-delà de la récupération d’objets patrimoniaux, le gouvernement béninois considère cette démarche comme un enjeu de justice historique, de préservation de la mémoire collective et d’affirmation de la souveraineté culturelle du pays. Le Bénin confirme ainsi son ambition de poursuivre, avec méthode et expertise scientifique, la reconstitution de son patrimoine dispersé.
