« Un peuple qui ne consomme pas ce qu’il produit n’ira pas loin et ne peut pas inviter les autres à consommer ce qu’il produit. » Cette déclaration du président de l’Assemblée nationale, Joseph F. Djogbénou, résume les enjeux du Mois du Consommons local qui s’est invité en format spécial dans les propos du président de l’Assemblée nationale. Au-delà de la promotion des produits béninois, elle pose la problématique de la valorisation de notre production si nous-mêmes ne lui accordons pas une place privilégiée dans nos habitudes de consommation. Pour le président du Parlement, le développement économique passe aussi par la confiance que les Béninois accordent à leurs propres richesses.

En prenant l’exemple des vêtements cousus et achetés au Bénin, Joseph Djogbénou met en lumière le rôle essentiel des artisans dans la création de richesse et d’emplois. Couturiers, stylistes, tisserands et autres créateurs disposent de compétences qui méritent d’être reconnues et mieux valorisées. Acheter leurs produits, c’est soutenir leur activité, encourager l’entrepreneuriat local et contribuer à la circulation des richesses dans l’économie nationale. Faire les choses ainsi, devient un acte économique concret, bien au-delà d’un simple geste de fierté nationale. Quoi de plus opportun que de porter cette exhortation à l’ouverture solennelle de cette deuxième session ordinaire de l’Assemblée, réputée session budgétaire!
Mais l’appel du président de l’Assemblée nationale à l’endroit des députés, soulève également un défi sur le chantier de cette préférence comme une véritable culture, plutôt qu’une pratique limitée aux manifestations promotionnelles. Cela suppose un engagement collectif. Les consommateurs doivent accorder davantage de considération aux produits nationaux, tandis que les producteurs et les artisans doivent miser sur la qualité, la finition et des prix compétitifs. Les pouvoirs publics ont également un rôle à jouer pour faciliter le financement, la transformation et l’accès aux marchés. Car la valorisation du savoir-faire béninois exige autant de volonté que de conditions favorables à la production.
L’appel de Joseph Djogbénou invite à repenser notre rapport à la production nationale. La fierté de consommer béninois ne peut durablement s’installer sans confiance dans la qualité de nos produits ni sans reconnaissance du travail de ceux qui les fabriquent. Si nous souhaitons convaincre le monde de la valeur du savoir-faire béninois, commençons par lui donner toute sa place chez nous. Le patriotisme économique commence dans nos choix quotidiens. C’est ma lecture.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
