MA LECTURE (Chronique Express)

Kassa Mampo ne nous égarera pas!

L’homme de la CSTB semble ne tirer aucune leçon de ses précédentes sorties publiques. Déjà rappelé à l’ordre par l’ancien président Patrice Talon pour l’inexactitude de certaines affirmations relatives, entre autres, aux rémunérations des députés, Kassa Mampo persiste dans une démarche qui privilégie souvent la polémique à la rigueur des faits. Hélas !

En dénonçant la nomination des ministres conseillers comme une charge supplémentaire pour les finances publiques, le syndicaliste y voit la preuve d’une prétendue primauté du politique sur les préoccupations sociales. Une lecture qui paraît pourtant en décalage avec les premières orientations du Président Romuald Wadagni. Moins d’un mois après sa prestation de serment, celui-ci a déjà engagé des réformes touchant des secteurs essentiels tels que la santé, l’éducation et l’agriculture, à travers notamment une loi de finances rectificative dont l’analyse met davantage en évidence un renforcement des investissements sociaux qu’une augmentation des dépenses de personnel dénoncées par Kassa Mampo.

Par ailleurs, dans tout régime présidentiel, le chef de l’État dispose de la prérogative de s’entourer des collaborateurs qu’il estime nécessaires à la mise en œuvre de son action. Conseillers spéciaux, chargés de mission ou ministres conseillers constituent des instruments classiques de gouvernance. Contester leur nomination relève donc moins de la dénonciation d’une irrégularité que de l’expression d’un désaccord politique sur l’exercice d’une compétence constitutionnellement reconnue au Président de la République.
Une autre faiblesse de cette critique réside dans le procès d’intention consistant à conclure à l’inutilité de ces responsables avant même leur entrée effective en fonction. Une appréciation objective ne saurait se faire qu’à l’épreuve des résultats. Il appartient d’ailleurs au chef de l’État d’évaluer l’efficacité de ses collaborateurs au regard des missions qui leur sont assignées. Réduire ces nominations à une simple logique de récompense politique procède davantage de la supposition que de la démonstration.

Au fond, la position de Kassa Mampo traduit une lecture essentiellement syndicale des priorités nationales, accordant une place centrale aux revendications sociales et salariales. Cette approche est légitime dans son principe. Toutefois, dans un État démocratique, le débat sur l’opportunité d’une décision ne doit pas être confondu avec sa légitimité institutionnelle. Le véritable jugement appartiendrait aux faits d’autant plus que les ministres conseillers seront évalués non à l’aune des polémiques qu’ils suscitent, mais à celle des résultats qu’ils produiront au service de l’État et des citoyens, conformément aux objectifs publiquement fixés par le président Romuald Wadagni.
C’est ma lecture.

✍️ Fidèle Sèna VODOUNON

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