MA LECTURE (Chronique Express)

Des revendications concurrentes de paternité !

Elle s’est ouverte au Bénin dès les premiers heures de la fin du scrutin présidentiel du 12 avril dernier. Elle est très remarquable sur le terrain local. Elle, c’est la bataille de la paternité, paternité de la victoire du Président élu, Romuald WADAGNI. C’est un phénomène classique mais révélateur dans le paysage politique béninois.

En effet, la revendication de la victoire dans plusieurs communes par des maires, élus locaux et autres figures politiques qui s’empressent de publier des messages mettant en avant leurs performances électorales, souvent illustrées par des taux de participation élevés ou des scores massifs en faveur de Romuald WADAGNI, alimentent une vaine polémique. Évidemment, puisque le Président élu est bien conscient de la mobilisation populaire dont il bénéficie. Que suggère alors cette “lutte de mérite” post-électorale?

De fait, des communications médiatiques officielles aux publications sur les réseaux sociaux, le ton est similaire. Chaque acteur met en avant “sa” contribution décisive à la victoire. Ici, un maire se félicite d’avoir mobilisé une participation record ; là, un responsable politique souligne le pourcentage écrasant obtenu dans sa circonscription.

Derrière ces prises de parole, se dessine une volonté claire de s’inscrire dans le cercle des artisans de la victoire, voire en devenir un acteur incontournable.

Si cette effervescence peut être interprétée comme une marque de loyauté envers le président élu, elle relève aussi d’un calcul stratégique assumé. La pratique aurait pu trouver un terrain fertile dans un système où l’accès aux ressources politiques, administratives ou de développement dépend en partie du positionnement et de la proximité avec le pouvoir central où afficher sa performance électorale devient un levier de légitimation. Ce qui n’est plus le cas au Bénin depuis bientôt dix ans.
Autrement dit, ces communications sont aussi des messages adressés au sommet de l’État, en direction du futur chef de l’exécutif et de son entourage. Mais cela donne bien le ton d’une compétition de façade pour autant que le projet de société du candidat Romuald WADAGNI a été clair sur ses ambitions qui ne s’accommodent point de proximité partisane, forcément.

De plus, cette surenchère peut alimenter une forme de rivalité interne, où chaque responsable cherche à prouver qu’il a “mieux fait” que son voisin, au détriment parfois de la cohésion globale de la majorité. Cela, sans parler des promotions individuelles dont les demandeurs ne s’en cachent point.

Au fond, cette séquence révèle une extension de la compétition électorale présidentielle sur le terrain de l’interprétation des résultats. Mais cette bataille narrative pourrait rapidement trouver ses limites.
Car au-delà des chiffres électoraux, le véritable critère de reconnaissance ne serait-ce que pour les maires, pourrait évoluer vers la capacité à produire des résultats concrets sur le terrain : gouvernance locale efficace, amélioration des conditions de vie, mise en œuvre des politiques publiques…
Dans cette perspective, Romuald WADAGNI devra arbitrer entre ces multiples revendications, en privilégiant sans doute une approche fondée non pas uniquement sur les performances électorales passées, mais sur l’efficacité et l’impact à venir. Car, c’est bien là le leitmotiv de son engagement politique largement validé par les Béninois.

✍️ Fidèle Sèna VODOUNON

Articles connexes

Wilfried Léandre HOUNGBÉDJI ne se taira pas!

Journal L'Express

CAN 2025 : Le Sénégal, du sacre à la sanction!

Journal L'Express

34 hommes pour diriger, zéro femme envisagée

Journal L'Express

Leave a Comment