
La vie de chacun porte un mystère dont les fils se nouent avant le premier souffle sur terre. En d’autres termes, un enfant ne se réduit pas au simple fait de sa naissance : il incarne une histoire, une volonté et un héritage spirituel. Dans la nouvelle intitulée La Naissance d’Abikou, où l’enfant parle dans le ventre de sa mère, Olympe BHÊLY-QUENUM illustre cette idée à travers le personnage d’Abikou. L’écrivain montre que l’enfant ne vient pas apprendre la vie, mais accomplir une vérité invisible qu’il porte déjà en lui.
La nouvelle éponyme, La Naissance d’Abikou, ouvre ce florilège de 12 nouvelles et lui confère son titre. Elle s’inscrit dans l’imaginaire Vodun au Sud du Bénin, autour de la figure de l’enfant qui revient après une mort prénatale ou survenue en bas âge. Dès le ventre maternel, Abikou est déjà une conscience ancestrale qui négocie sa venue au monde. L’enfant qui s’exprime dans le sein de sa mère rappelle que naître, c’est déjà entrer dans un récit à la fois collectif, spirituel et généalogique. Naître, c’est donc consentir à devenir visible, limité et responsable.

La leçon implicite de l’auteur est qu’Abikou incarne une conscience déjà éveillée, avant même que l’expérience terrestre ne l’enseigne ou ne l’endorme. Le lecteur avisé comprend que la vie terrestre constitue une école de responsabilité, de liberté et de transformation, où les choix priment sur les circonstances. Le recueil explore ainsi l’Afrique contemporaine et plaide pour sa souveraineté. À travers ce recueil, fait de satire politique et d’évocations de l’exil, l’auteur dénonce le racisme, le néocolonialisme et la trahison des idéaux de l’indépendance.
Pour la postérité, une nouvelle réussite pointe à l’horizon.
Justin AMOUSSOU, Lundi 19 octobre 2026, 05h 40.
