À Ouidah, le souvenir de la traite négrière ne se limite plus à regarder le passé. Il devient un acte de transmission, de reconnexion et d’ouverture vers l’avenir. C’est toute l’originalité de l’approche béninoise, réaffirmée dimanche 23 août 2026 à l’occasion de la Journée internationale du souvenir de la traite négrière et de son abolition (JISTNA).

Dans la cité historique, autorités politiques et administratives, diplomates, têtes couronnées, acteurs culturels, universitaires, historiens et représentants de communautés afrodescendantes ont convergé pour une même exigence de se souvenir, de transmettre et de renouer. Présidée par la ministre des Affaires étrangères chargée de l’Intégration des Afrodescendants, Corinne AMORI BRUNET, la cérémonie a consacré la volonté du Bénin d’assumer pleinement son histoire tout en faisant de la mémoire un instrument de rapprochement.
Le thème de cette édition, « De la Porte du Non-Retour à la Porte du Retour », résume à lui seul cette nouvelle lecture de l’histoire. « Passer de la Porte du Non-Retour à la Porte du Retour, ce n’est pas effacer une tragédie, c’est refuser que l’arrachement ait le dernier mot », a souligné la ministre. Une vision qui inscrit la commémoration dans une perspective résolument tournée vers l’avenir afin de mieux connaître une histoire douloureuse pour retisser les liens avec les descendants de ceux qui furent arrachés à leur terre.

Pour le maire de Ouidah, Christian HOUETCHENOU, la portée de cette journée dépasse largement les frontières de la cité historique. Il a salué l’engagement du Gouvernement à perpétuer la mémoire des millions d’Africains déportés depuis les côtes du continent. À travers cette démarche, Ouidah s’affirme progressivement comme un espace majeur de dialogue entre l’Afrique et sa diaspora.
La programmation de la JISTNA 2026 a prolongé cette ambition à travers conférences, panels, discussions croisées et l’atelier « Tissus des ancêtres ». La remise officielle de documents de citoyenneté à des Afrodescendants naturalisés béninois a constitué l’un des temps forts de la célébration, donnant une traduction concrète à cette politique de reconnexion.

De la Porte du Non-Retour à la Porte du Retour, le Bénin propose ainsi une autre manière de faire vivre la mémoire. Il est question de mieux appréhender la tragédie, mais en refusant qu’elle demeure le dernier chapitre. À Ouidah, l’océan qui fut jadis le symbole d’un départ forcé devient désormais le miroir d’une histoire que le Bénin entend réécrire sous le signe de la transmission, de l’accueil et du renouement des liens.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
