MA LECTURE (Chronique Express)

Au pas de charge !

À peine investi, déjà au travail. Le Président Romuald Wadagni, imprime un rythme soutenu à l’action gouvernementale. C’est un fait. À l’allure où s’enchaînent les événements depuis son accession à la magistrature suprême, le pays semble entré dans une nouvelle phase politique marquée par l’urgence de l’action et la volonté manifeste de ne perdre aucun instant dans la mise en œuvre de la vision présidentielle. La continuité n’attend pas.
Il s’en est fallu de peu pour que le tout premier Conseil des ministres du gouvernement Wadagni se tienne dès ce mercredi 27 mai 2026. Les membres de l’équipe gouvernementale, nommés puis installés le mardi 26 mai, étaient déjà dans les starting-blocks. Mais le calendrier républicain en a décidé autrement avec la célébration de la Tabaski, journée fériée observée sur toute l’étendue du territoire national. Une parenthèse protocolaire qui n’a toutefois nullement ralenti l’élan du nouveau pouvoir. De plus, les postes stratégique nécessaires à la formation du cabinet du Président ainsi qu’au secrétariat général ont été savemment pourvus préparant le terrain à la bonne préparation et au bon déroulement de ce premier rendez-vous gouvernemental de l’ère Wadagni.
Dès le lendemain de son investiture, le chef de l’État avait déjà donné le ton. Audiences au Palais de la Marina, premières concertations, signaux d’organisation institutionnelle, tout indiquait qu’aucun temps de grâce ne serait accordé à cette nouvelle gouvernance. Le président semble avoir choisi d’installer son mandat sous le sceau de la célérité, de la méthode et de l’efficacité. Une manière de rassurer une opinion publique attentive, mais aussi de démontrer que la continuité de l’État ne saurait souffrir d’aucune inertie.
La tenue officielle du premier Conseil des ministres ce jeudi 28 mai 2026 apparaît alors comme bien plus qu’une simple formalité administrative. Elle représente un véritable acte fondateur. C’est autour de cette table, devenue au fil des années un haut lieu stratégique du pouvoir exécutif béninois, que se dessinera la mécanique interne du nouveau régime. Entre définition des règles de collaboration, adoption de la charte gouvernementale et clarification des priorités sectorielles, cette première réunion servira de socle à la gouvernance Wadagni.
Le slogan présidentiel « Plus loin ensemble » devra désormais quitter le registre de l’intention pour entrer dans celui de l’action concrète. Et cela suppose une cohésion gouvernementale rapide, une articulation claire des responsabilités et surtout une capacité d’adaptation des ministres aux exigences d’un appareil d’État en perpétuelle mutation. Les nouveaux départements ministériels, notamment ceux issus des réaménagements institutionnels récents, seront particulièrement observés. Leur efficacité dépendra autant de la pertinence de leur architecture que de la rapidité avec laquelle leurs responsables prendront la pleine mesure de leurs missions.
Pour les nouveaux ministres, ce premier Conseil des ministres aura des allures de baptême du feu. Dans l’atmosphère toujours feutrée mais hautement symbolique de la salle du Conseil — devenue presque mystérieuse tant elle concentre les grandes décisions de l’État — chacun devra afficher sa maîtrise des dossiers, sa compréhension de la vision présidentielle et sa capacité à s’inscrire dans la dynamique collective voulue par le chef de l’État.
Le ton est donc donné. Le mandat Wadagni entend avancer au pas de charge. Reste désormais à savoir si cette cadence politique soutenue saura se traduire durablement en résultats palpables pour les populations. Car en démocratie, la vitesse de démarrage impressionne souvent ; mais seule l’endurance dans l’action finit par convaincre.

✍️ Fidèle Sèna VODOUNON

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