MA LECTURE (Chronique Express)

Quand le récit vacille devant les faits

À force de vouloir installer un récit victimaire, certains finissent par s’éloigner des faits. Tout homme sensible serait tombé de bonne foi dans ce piège de la victimisation. Mais attention ! Les récentes déclarations de Me Baparapé sur les conditions de détention de son client, Candide Azannaï, appellent un nécessaire retour à la réalité, malgré tout.
Les éléments disponibles dressent un tableau bien différent de celui présenté à l’opinion. Des sources bien introduites confirment bien qu’en raison de son statut de personnalité politique, Candide Azannaï bénéficie d’un régime de sécurité particulier, avec un espace aménagé à cet effet au niveau du bloc administratif.

Il est aussi établi que son avocat le rencontre librement, son épouse aussi et que ses droits, dans le cadre de la détention provisoire, sont respectés.
Les accusations relatives à une prétendue privation d’activité physique résistent difficilement à l’examen. L’administration pénitentiaire lui a offert la possibilité de pratiquer quotidiennement le sport. Ce sont ses propres réticences, nourries par une lecture personnelle de sa situation, qui ont retardé l’exercice de ce droit. Cependant, l’administration pénitentiaire a pu le convaincre et l’heure de jouissance de cette disposition est choisie par lui-même.
Même constat concernant la supposée privation d’eau. Les faits établissent plutôt que l’administration a pris des dispositions pour lui fournir les récipients sollicités afin de constituer une réserve. L’image d’un détenu privé d’eau pendant une semaine apparaît ainsi en contradiction avec les réalités rapportées. Comment l’administration qui accepte offrir un saut afin de faire des réserves d’eau pourrait justement être accusé de priver la bénéficiaire de cette même eau?

Enfin, l’épisode des lunettes connectées, temporairement retirées pour les vérifications de sécurité d’usage, rappelle que les règles applicables en milieu carcéral s’imposent à tous, sans exception. Nos sources sont sans équivoque là-dessus.

Du reste, dans un État de droit, la défense est libre de plaider la cause de son client. Mais cette liberté ne saurait s’exercer au détriment de la vérité des faits. Entre la stratégie de communication et la réalité, il appartient toujours à l’opinion de faire la part des choses. La prison n’est certainement pas un cadre de plaisance mais elle ne devrait pas non plus être un motif de désinformation.

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