Les cent premiers jours permettent de discerner une direction ; ils ne suffisent pas encore à connaître la destination. Pour Romuald Wadagni, le plus difficile commence donc maintenant. L’enjeu est de transformer la dynamique de continuité en un projet de gouvernance suffisamment lisible, cohérent et audacieux pour imprimer une empreinte personnelle et durable à l’action de l’État.
Cette épreuve sera d’abord économique et sociale. Au-delà des indicateurs de croissance, du volume des investissements et de la maîtrise des équilibres budgétaires, la vision présidentielle devra progressivement se traduire en plus d’emplois, de pouvoir d’achat, de protection sociale et d’amélioration tangible des conditions de vie. Une politique publique ne trouve sa pleine justification que lorsqu’elle finit par se ressentir dans le quotidien de ceux auxquels elle est destinée.
L’enjeu est également sécuritaire. La situation dans le septentrion impose à l’État de conjuguer développement, présence administrative et protection des populations. Sur ce terrain, plus qu’ailleurs, le Président devra démontrer la capacité de l’État à garantir durablement la sécurité, la quiétude et la confiance des citoyens. À cette exigence s’en ajoute une autre, plus discrète mais tout aussi déterminante. Il s’agit de la confiance dans les institutions. Il est établi que la qualité d’une gouvernance ne se mesure pas à sa seule efficacité administrative ; elle se jauge aussi à sa capacité à entretenir le dialogue, à préserver le pluralisme et à faire vivre une relation de confiance avec le citoyen.
Cent jours après son entrée en fonction, Wadagni dispose encore du temps nécessaire pour imprimer sa marque. Mais le temps politique, lui, n’est jamais indéfini. La continuité devra désormais produire des résultats nouveaux, la rigueur s’accompagner de proximité et la performance se conjuguer avec la confiance. Et, fort heureusement, plusieurs de ces chantiers sont déjà sur le métier du technocrate devenu chef de l’État. C’est peut-être là, au fond, la véritable lecture de ces cent jours. Car, le Président n’a pas encore à rendre le bilan d’un septennat ; il lui revient désormais de démontrer, par les actes, que la continuité peut se muer en une ambition nouvelle pour le Bénin, avec les Béninois. Rien ne serait plus heureux que de voir cette ambition se matérialiser pleinement dans la promesse du slogan : « Plus loin, ensemble. ».
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
