
Voilà que les bus universitaires reprennent du service. Ils sont bien là, flambant neufs, alignés et font le bonheur des premiers bénéficiaires depuis tôt ce lundi 21 septembre 2026. Pour l’étudiant béninois, c’est forcément un gros soulagement. Rejoindre l’amphithéâtre pouvait parfois ressembler à une épreuve supplémentaire avant même le premier cours. Avec 63 bus neufs dans les universités publiques et un ticket fixé à 200 FCFA, le dispositif apporte une réponse très concrète à une vieille difficulté.
Il est vrai que le lancement est une chose et que la réalité quotidienne sera un test permanent. Au-delà de faire circuler les bus le premier jour, sous les regards des autorités et des caméras, il faudra surtout tenir la cadence dans la durée selon bien des critiques. À juste titre. Ponctualité, disponibilité, régularité, sécurité et couverture effective des lignes devront être au rendez-vous. Rien à craindre, d’autant que la gestion de ce transport universitaire est confiée à La Poste du Bénin, parfaitement aguerrie en la matière.
La digitalisation du système est également intéressante : achat des tickets en ligne, paiement électronique et gestion modernisée. Très bien. Mais attention à ne pas transformer l’étudiant en informaticien malgré lui ! Quand le réseau décide de bouder à 6h30 du matin, le petit « bug » peut rapidement devenir une affaire académique, n’est-ce-pas ? La modernisation doit donc rester au service de l’usager, et non l’inverse.
Plus sérieusement, cette relance touche à quelque chose de plus profond. Il s’agit de l’égalité des chances dans l’accès à l’enseignement supérieur. Un étudiant ne devrait pas arriver en amphi déjà épuisé parce qu’il a dû parcourir des kilomètres avant d’atteindre son campus. Alors oui, le retour des bus est une bonne nouvelle. Reste maintenant à faire en sorte que le service soit ponctuel, régulier et durable. Quoiqu’il en soit, une belle révolution s’opère … sans klaxon !
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
