SANS CHAOS

SANS CHAOS N° 0058 : NUL NOM N’EST NEUTRE

Quand une famille devient le théâtre de débats sur l’identité, ce n’est pas un accident de l’actualité nationale. C’est la mémoire qui réclame sa place. En Afrique, le nom d’un peuple, d’une personne ou d’un lieu n’est pas une simple étiquette. Il porte une histoire, une appartenance, un droit et une dignité. Il dit d’où l’on vient, ce que l’on a traversé et ce que l’on entend transmettre. Chaque appellation engage donc bien plus qu’un individu. Elle engage une communauté, sa mémoire et son avenir.

La tradition orale, les toponymes et les patronymes constituent une archive vivante. Ils ont conservé les migrations, les fondations, les batailles et les droits fonciers lorsque l’écrit était absent ou tardif. Les pratiques de dation des noms dans l’aire culturelle Àjǎtádó et chez les K’áǎrɔ-Èjírè le rappellent. Nommer, c’est inscrire une personne ou un lieu dans une lignée, une territorialité et une mémoire collective. En 2019, la Revue des humanités, Jogbe, du LAREFA du Professeur Mahougnon KAKPO, a fait de ces savoirs le cœur de son numéro 2.

C’est dans cet esprit qu’il faut lire la création, le 3 décembre 2025, de la Commission chargée de la toponymie et de la mémoire nationale. Sa mission n’est pas de changer des noms pour le plaisir, mais de documenter les toponymes, d’associer les communautés et de réconcilier l’histoire locale avec la mémoire nationale. Il s’agit de « rééquilibrer la mémoire nationale » au service de la vérité historique, de la cohésion sociale et de la fierté collective. Une nation qui honore ses noms enseigne à ses enfants qu’ils marchent sur une mémoire vivante.

Pour la postérité, une nouvelle réussite pointe à l’horizon.

✍️Justin AMOUSSOU, Jeudi 5 novembre 2026, 11h 33.

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