À la veille de la Journée Mondiale des Enseignants, l’Afrique perd Cheikh Hamidou KANE, l’un de ses éminents passeurs de savoir. Son décès survient au moment où la communauté internationale s’apprête à célébrer celles et ceux qui bâtissent les sociétés par l’éducation. L’auteur de L’Aventure ambiguë laisse à l’humanité une œuvre majeure, consacrée à l’école, à la transmission et au dialogue entre les cultures. Au-delà du deuil, cette disparition constitue un appel solennel à perpétuer l’idéal de savoir, de transmission et d’ouverture qu’il a incarné avec une rare profondeur.
Dans L’Aventure ambiguë, la Grande Royale déclare : « L’école où je pousse nos enfants tuera en eux ce qu’aujourd’hui nous aimons et conservons avec soin, à juste titre. Peut-être notre souvenir lui-même mourra-t-il en eux. Quand ils nous reviendront de l’école, il en est qui ne nous reconnaîtront pas. » Elle ne met pas en cause le savoir, mais une école susceptible de classer les cultures et d’effacer la mémoire spirituelle des peuples. Dans Les Gardiens du Temple, Cheikh Hamidou KANE prolonge cette réflexion en appelant à un « rendez-vous de l’Afrique avec elle-même ».
Le Bénin s’incline devant la mémoire de ce maître à penser. Le vibrant message du Président Romuald WADAGNI sur sa page Facebook interpelle au plus haut point la communauté éducative africaine, les passionnés de lecture et tous les vrais panafricanistes : « Par sa pensée et sa plume, il aura contribué à amener l’Afrique à réfléchir sur elle-même, sur son identité, sa culture et son rapport au monde. L’Aventure ambiguë restera l’une de ces œuvres qui traversent les époques et continuent de nous interroger. Le Sénégal perd un grand écrivain. L’Afrique perd une grande voix. »
Pour la postérité, une nouvelle réussite pointe à l’horizon.
✍️Justin AMOUSSOU, Lundi 5 octobre 2026, 09h 06.
