En politique, le calendrier est rarement innocent. Depuis son investiture, le 24 mai 2026, Romuald Wadagni était attendu sur ses premiers choix diplomatiques. Et les signaux sont désormais suffisamment nombreux pour comprendre qu’il y avait, derrière l’ordre de ses déplacements, autre chose qu’une simple succession de visites protocolaires. Le nouveau président a d’abord regardé vers son voisinage immédiat, avant d’élargir progressivement son horizon. Pendant que certains attendaient fébrilement de voir le nouveau locataire de la Marina se précipiter vers Paris, Wadagni a pris le temps de consolider ses relations sous-régionales et africaines.
Abuja, Lomé, Kigali et d’autres rendez-vous ont précédé Paris. La coopération, la sécurité, les investissements, l’intégration régionale et les intérêts économiques du Bénin ont ainsi trouvé leur place dans cette nouvelle séquence diplomatique. Une manière, peut-être, de rappeler que l’ouverture internationale du Bénin ne saurait se réduire à une seule capitale.
Alors, voici Paris. Mais Paris arrive le 4 octobre 2026, plusieurs mois après l’investiture, et non comme un pèlerinage inaugural. Ceux qui avaient imaginé une sorte de rituel d’allégeance à l’Élysée devront donc revoir leur scénario. La France demeure un partenaire historique, important et incontournable sur plusieurs dossiers. Mais reconnaître cette réalité ne signifie nullement renoncer à la liberté de choisir son agenda, ses priorités et ses interlocuteurs.
Les pêcheurs en eaux troubles pourront toujours chercher dans cette visite la matière de leur prochaine polémique. Ils pourront même continuer à voir dans chaque poignée de main une révérence. Libre à eux. Mais les faits, eux, ont leur propre langage dans la clarté de ce que Wadagni n’a pas commencé par Paris. Il n’a pas attendu Paris pour ouvrir le Bénin au monde. Car, la France est un partenaire et Paris est un rendez-vous et non un pèlerinage. Le calendrier, cette fois, aura parlé plus fort que les discours.
À bon entendeur…
C’est MA LECTURE.
✍️ Fidèle Sèna VODOUNON
